Art exposition 1.



  •   Expositions : Le retour
  •   Le check-up de l'oiseau.
  •   Comprendre et accepter un jugement.
  •   Perte de couleur sans mue.





Expositions : le retour !                                                   Par Sabine Vilain


Le temps des expositions est un des moments clé de la vie d’un canariculteur, c’est à cette période que se voient récompensés tous les efforts fournis en période d’élevage. C’est aussi, pour les oiseaux une étape particulièrement délicate. Il ne leur suffit pas de revêtir leurs plus beaux atours, il sont aussi soumis à une rude épreuve lorsque nous les lavons et les préparons. Mais, pour eux, ça ne s’arrête pas là! Que se passe-t-il lors de leur retour au bercail?

Lors des concours, la vie de nos oiseaux est perturbée. Ils se retrouvent dans des salles immenses où les heures d’éclairage ne correspondent pas au rythme auquel ils sont habitués, les mouvements devant eux sont incessants (et sans parler de la fumée de cigarette), les cages sont déplacées et pour couronner le tout, ils doivent encore faire face à des écarts de température parfois importants entre la salle et le retour à domicile (c’est l’hiver!). De plus, au niveau alimentaire aussi, ce n’est pas la joie! Leur nourriture est souvent limitée aux graines et le mélange ne correspond pas toujours à celui que nous utilisons. Il n’est pas du tout facile, dès lors, pour eux, de se maintenir dans des conditions optimales tout au long de cette période. C’est pourquoi, lorsque l’on rentre des expositions, il est nécessaire de veiller, plus que de coutume, au confort et au bien-être de nos petits protégés. Ils sont la vitrine de notre savoir-faire, et celui-ci se vérifie d’autant plus que les soins apportés sont appropriés. Quelles sont donc les mesures à prendre?

D’abord, il faut savoir que, dans la salle où sont exposés les oiseaux, les cages sont à proximité l’une de l’autre et qu’il est possible que certains canaris soient porteurs d’acariens ou de poux. C’est alors que ceux-ci se feront une joie de passer chez un nouvel hôte. Bien sûr, ce n’est plaisant pour personne et malgré notre vigilance, c’est une triste réalité. C’est pourquoi, lors de notre retour, il est bon de mettre nos chers amis en quarantaine. L’idéal serait de les mettre dans un local séparé des autres pendant quelques jours et que l’endroit soit calme et bien aéré. Un bain n’est évidemment pas un luxe ainsi que la pulvérisation d’un insecticide adéquat (ex: Natural Spray pour pigeons). Ensuite, il ne faut pas négliger de leur administrer une bonne pâtée ainsi que quelques vitamines, leur donner leur mélange de graines habituelles enrichi avec du lin, de la pomme et ne pas oublier le gritt. Quant à leur boisson, on peut leur donner de l’eau additionnée de vinaigre de cidre et du Sédochol afin de leur permettre de supporter de façon optimale le régime enrichi et d’éviter une mue accidentelle. Ce n’est qu’au bout de quelques jours que l’on pourra constater les éventuels dégâts causés. En effet, les oiseaux ayant été déplacés et parfois même effrayés peuvent s’être cassé des plumes ou, ayant été perturbés par le changement de leurs habitudes peuvent également présenter une mue accidentelle. D’autres, affaiblis par ces expositions, parfois répétées, peuvent présenter des signes de maladie (un organisme fatigué est plus réceptif aux infections même bénignes). C’est pourquoi, un local isolé et calme est idéal pour permettre à l’oiseau de se refaire une santé et une beauté, loin de toutes perturbations et de tout stress. Bien sûr, il ne faut pas négliger la durée d’éclairage.




LE CHECK-UP DE L’OISEAU                                     Par Thierry lequeu



Avant de présenter nos futures vedettes aux expositions, il est impératif de procéder à un examen minutieux de nos sujets afin d’éviter de mauvaises surprises. Voyons donc de plus près notre oiseau!

Le bec: Celui-ci devra être conique, court, pour s’intégrer de manière idéale dans une tête bien ronde, surtout pas plate. La mandibule supérieure dépassant légèrement sur la mandibule inférieure. En cas de dépassement trop important, une lime à ongles nous permettra de raccourcir la partie disgracieuse. Attention toutefois à ne pas blesser l’oiseau car un saignement est à craindre en cas de réduction trop importante. N’oublions jamais que le bec de l’oiseau joue un rôle essentiel dans l’harmonie de la tête.

Les pattes: Celles-ci seront inspectées à fond. N’y a-t-il pas d’anomalies? Un doigt raide est quelque chose de relativement fréquent. Dans ce cas, la grosseur du perchoir peut parfois atténuer le défaut. Les pattes seront ensuite lavées à l’eau tiède. A cet effet, l’emploi d’une brosse à dent fait très bien l’affaire. Une fois les pattes propres elles seront badigeonnées à l’aide d’un coton tige trempé dans du jus de citron afin de les rendre brillantes et d’atténuer les écailles disgracieuses.

Pour les lipochromes, vérifions bien qu’aucune tache mélanique ne soit présente, il s’agit parfois d’une tache infime, mais celle-ci sera également gravement sanctionnée.

Les ongles: Ils devront être coupés s’ils sont trop longs ou légèrement torsadés. Attention à ne pas les couper trop court car une hémorragie est à craindre. En effet, à la lumière nous apercevons un petit vaisseau sanguin. Celui-ci ne doit jamais être sectionné, il s’en suivrait un saignement important et une entrée idéale pour les microbes en tout genre.

Les ongles doivent être tous présents et de la même couleur. Un ongle manquant est un défaut relativement fréquent.

Le plumage: Celui-ci sera complet , toute plume cassée sera enlevée, mais attention car il faut 5 semaines pour qu’elle repousse. La vérification complète du plumage évite de nombreux désagréments. Il s’agit en effet d’un concours de beauté, et une plume cassée ou manquante ne peut être considérée comme un défaut temporaire. Elle doit être sanctionnée par un perte de points. Au niveau de la queue, certains préconisent, en cas de queue ouverte, de la lier. Je n’ai jamais eu, personnellement, l’occasion d’obtenir des résultats probants avec cette méthode. Je pense qu’il s’agit d’une tare héréditaire ou d’un problème de picage lors de la mue.

Attention! N’enlevez jamais une plume en pousse car il pourrait s’en suivre une hémorragie très importante.Ne coupez jamais, non plus, dans la partie rosée car elle est remplie de sang.

La formation de la plume nécessite un apport important de sang qui véhicule et apporte toute les matières nécessaires à sa croissance et sa coloration.

Attention également aux plumes blanches pour les mélanines ou à une tache mélanique pour les lipochromes.

La tenue , le maintien: l’oiseau devra être calme, sa position sera dressée à plus ou moins 45° ; il est donc vivement recommandé de placer nos oiseaux en cage de préparation. Un oiseau ne devrait jamais se retrouver en cage d’expo juste après un séjour en volière. La préparation doit avoir lieu 3 à 4 semaines avant l’enlogement. Il existe des cages prévues à cet effet. Afin que l’oiseau acquiert une position fière, l’emploi d’un plexiglas blanc est conseillé. Cela offre l’avantage que l’oiseau ne prend pas l’habitude de s’accrocher aux barreaux. Sa curiosité naturelle le poussera à regarder au dessus de la plaque en le forçant, de ce fait, a acquérir une position fière.


 

Comprendre et accepter un jugement.      Par Thierry lequeu


En période d’exposition , il est fréquent, en se promenant dans les rangées, d’entendre divers commentaires concernant tel ou tel jugement. Il faut admettre l’évidence, il y a toujours des amateurs mécontents qui, après un jugement, remettent sans cesse en question la décision des juges.

Il faut savoir, en tout premier lieu, que juger n’est pas une chose facile. Un jugement se fait par comparaison en tenant compte des standards en vigueur. Juger un canari de couleur demande du temps, de la patience et également d’avoir les connaissances nécessaires à la bonne exécution de la tâche. En effet, les oiseaux ne se présentent pas toujours sous leur meilleur jour.

Si certains spécimens sont faits pour les expos et se présentent comme des stars, il en est d’autres qui ne cessent de se mouvoir. Le juge devra donc patienter et calmer l’oiseau afin de pouvoir l’examiner correctement, ce qui n’est pas toujours chose aisée faute de temps ou d’espace.

De plus, pour juger correctement un canari de couleur, il est impératif de pouvoir profiter d’un éclairage naturel. La lumière « blanche » est la seule capable de renvoyer à l’œil la couleur exacte. Il est facile de comprendre cela : prenez une lampe rouge et éclairez une feuille de papier blanc . Celle-ci vous paraîtra rouge.

Il est évident que les salles dont disposent les clubs ne sont pas conçues pour les expos d’oiseaux et, bien qu’ils font le maximun pour réserver aux juges couleur les meilleures places, il m’est arrivé de constater que, parfois, les conditions d’éclairage, lors du jugement n’étaient pas optimales. Certains défauts peuvent alors échapper à un oeil aussi averti soit-il . Il sera alors aisé de pousser la chansonnette dans les rangées lors de la visite.

Il y a également des oiseaux possédant d’énormes qualités qui se présentent quelques fois très mal lors du jugement. Il est alors facile de comprendre qu’un oiseau de moindre valeur puisse, parfois prendre le titre en lieu et place d’un autre, trop nerveux et non préparé. Ne négligeons donc jamais sa préparation. Celle-ci n’est pas simple, un oiseau de volière ne devrait jamais se retrouver dans une cage d’expo dès le lendemain.

Chacun a déjà pu constater également qu’après un jugement, les oiseaux se montrent parfois très différents que lors de leur passage devant le jury.

Bien qu’il n’est pas toujours facile d’accepter une défaite, je pense que l’éleveur qui accepte le verdict, en essayant de comprendre pourquoi tel ou tel oiseau a été choisi, est un éleveur qui va progresser. N’oublions jamais que c’est un sport et qu’il est de toute façon inutile de revenir sur un jugement.

Soyons donc sportifs et acceptons la décision des juges.

La couleur d’un oiseau peut-elle se modifier sans mue?                                                                                                                       Par Thierry Lequeu

La mue, phénomène connu de chaque éleveur, débute souvent en juin pour se terminer en septembre. Elle se produit dans un ordre précis, laissant à l’oiseau la faculté de vol.

On remarque, après cette mue, un changement de couleur étant tout à fait normal. L’oiseau acquiert son plumage d’adulte et le facteur optique s’exprime pleinement. Malheureusement, il arrive souvent qu’un changement de couleur, ne serait-ce que léger, se constate en d’autres périodes sans qu’il y ait mue.

Un oiseau ayant brillé en début de saison n’obtient plus d’aussi bons résultats, et des remarques du style « couleur de fond trop chaude, inégale,… » Apparaissent sur nos fiches.

Si chez certains oiseaux, la transformation est remarquable (ministre), chez notre canari cela est beaucoup plus discret mais néanmoins visible.

On peut considérer qu’un phénomène s’est produit et envisager une transformation du pigment. Il en est ainsi de certains caroténoïdes pâlissant suite à une exposition à la lumière vive, ou d’un jaune se modifiant en devenant orangé.

Il semblerait que suite à des conditions extérieures et éventuellement à l’âge ou la montée en chaleur des mâles, certaines réactions chimiques soient activées et provoquent de ce fait un changement de couleur. Cela est un phénomène naturel auquel nous devons faire face. Chacun a déjà constaté qu’un oiseau reste rarement au top plus de trois mois. Élever tôt n’est peut-être pas une bonne décision si l’on veut participer aux grands shows de fin d’année. En connaissant bien sa souche et en observant attentivement ses oiseaux, ont pourra certainement organiser son élevage en fonction des shows auxquels nous voulons participer. Mieux vaut, peut-être, y penser.