Santé et soins 6



  • Comment se débarasser de la petite vermine ?
  • Un traitement, pourquoi ?



Comment se débarasser de la petite vermine ?               Par Sabine Vilain


                            Je vais parler ici de la petite vermine qui s’installe à notre insu dans nos habitations, il s’agit d’un cas vécu. Cela ne concerne pas, dès le départ, des oiseaux mais, peut fort bien s’y appliquer, comme je l’ai fait.

J’ai neuf chats et, il y a un an de cela, par avarice peut-être, au lieu de leur administrer le produit habituel contre les puces, j’ai préféré leur placer un collier qui a une durée de vie plus longue et par conséquent, revient moins cher.

Quelle ne fut pas mon erreur!

Peu de temps après avoir placé les colliers, j’ai retrouvé une de mes chambres infestée de puces, à un point tel que lorsque j’y entrait, j’étais piquée de partout sur les pieds et les chevilles (d’où l’inefficacité de ces colliers, quoi que les fabricants en disent!).

Là, branle-bas de combat, la guerre est déclarée.

Ne sachant trop quel produit utiliser, je me suis basée sur les produits préconisés dans la lutte contre ce genre de vermine dans les élevages de canaris.

C’est à cet instant que l’expérience commence.

On nous dit que pour « désinsectiser » nos cages et matériel, il faut pulvériser du Carbaryl. Super, on essaie.

La chambre pulvérisée de long en large, tous les jours, pendant trois jours avec ce produit. Résultat: des puces dans la deuxième chambre, en plus!

Là, je râle.

Deuxième essai. Les bombes insecticides du commerce style « Baygon ». Plusieurs bombes vidées pour rien.

Troisième essai. Pour les chats, on utilise du Frontline, un produit dont la substance active est le Fipronil. Je me le produis en spray, en pharmacie. Trois flacons que je vide en les pulvérisant partout. Par acquit de conscience, je recommence une fois encore pendant plusieurs jours. Coût: une fortune. Résultat: néant. J’enrage. Sans compter que durant ce temps, les puces se reproduisent en pondent.

Quatrième essai. Un éleveur me dit que dans des cas désespérés, le CID 20 fait des merveilles. Pourquoi pas, je me lance.

C’est une horreur! Une saleté dont on a autant de mal à se débarrasser que de la vermine, sans compter l’odeur intenable lors de la pulvérisation et qui s’incruste quelques heures durant. Immonde! Résultat: on aurait pu croire que vu les odeurs épouvantables la vermines aurait rendu l’âme, mais non. Et pourtant, j’ai recommencé ce traitement à plusieurs reprises.

Bref, là je suis au désespoir et j’envisage sérieusement de faire appel à une société. Mais…

En faisant mes courses en grande surface, je tombe sur du « Ti_Tox ». Ce produit m’interpelle. En effet, j’ai toujours entendu dire par des parents et grands-parents que c’était un produit miracle contre les vermines. Donc, je me lance, cinq bombes d’un coup!

Dernier essai avant de faire appel à une société spécialisée. Le lendemain: nettement moins de piqûres, au bout de trois jours, plus rien! Pour être sûre, j’ai continué les pulvérisations durant une semaine. Un miracle s’est produit! La vermine était enfin exterminée.

Pour en revenir aux oiseaux, j’ai eu des « mites des graines » dont je ne parvenais pas à me débarrasser. On m’a conseillé un produit efficace et non nocif pour les oiseaux: l’insecticide « Kapo », en plus il sent très bon celui-là! Il se fait qu’il fonctionne très bien sur les mites adultes mais laisse les larves vivantes, donc il faut recommencer tous les deux jours mais toujours à petites doses car à plus fortes doses cela peut nuire malgré tout à la santé des oiseaux (normal, c’est un insecticide tout de même).

Comme j’en avais un peu marre de toujours sortir ma bombe, j’ai décidé d’essayer le « Ti-Tox » dans mon local, advienne que pourra!

Un petit « pshit » dans chaque coins et recoins du local et hop, le tour était joué.

Plus de mites et plus de larves venant à maturité. Super.

La question que l’on peut dès lors se poser est: ce type de produit serait-il aussi efficace sur les poux (rouges et gris)? Ne pourrait-on pas l’utiliser en pulvérisation après le nettoyage et la désinfection des cages afin de les désinsectiser? Ne serait-il pas plus fiable que le Carbaryl?

Une chose est sûre, en cas de problème durant l’élevage, je vais l’utiliser (bien sûr, hors portée des oiseaux et oisillons) et dès l’année prochaine, je vais désinsectiser mes cages au …. « Ti-Tox ». De toute manière, le coût n’en sera pas plus élevé que si j’utilise un autre produit, mais si l’efficacité et meilleure….

En plus, à la fin de l’élevage, je mets tout mon petit monde en volière ensuite j’en fais une ou deux grosses pulvérisations.

La tranquillité de l’esprit n’a pas de prix et si ce produit peut y aider, alors, pourquoi pas?

Au vu de mon expérience précédente, j’y crois plus qu’aux autres produits onéreux utilisés. Pour ma part je suis convaincue, à vous de voir.

( PS à utiliser à dose limitée )



Un traitemment , pourquoi ?                                      Par Thierry lequeu


Début janvier commencera pour beaucoup d’éleveurs la préparation à l’élevage. Comme chaque année, beaucoup d’amateurs se concerteront pour savoir quels produit miracles ils emploieront pour mettre toutes les chances de leur côté. Les discussions tourneront donc autour de la manière de «blanchir» les oiseaux. Mais qu’entend-on par blanchir les oiseaux ?

C’est en quelque sorte les nettoyer afin de limiter le risque de contamination par des germes pathogènes (mortels) aux oisillons. La contamination réalisée, les jeunes encore trop fragiles décèderont quelques jours plus tard, d’une infection généralisée. Les oisillons affaiblis n’ont plus la force d’ouvrir leur bec, le manque de nourriture accélèrera le processus.

La contamination se fait, en général, après la naissance, par les parents qui nourrissent. Retenons donc qu’en cas de problème, les femelles autant que les mâles devront être «traités». Il arrive fréquemment que l’éleveur pense que la mort des oiseaux est due au fait que les parents ne nourrissent pas, mais en réalité le problème est ailleurs. Les jeunes meurent épuisés et affamés ne pouvant plus ouvrir leur bec.

Après plus de vingt-cinq années d’élevage, je peux vous assurer que les femelles qui ne nourrissent pas sont rares, les problèmes de nourrissage provenant souvent d’une santé déficiente des jeunes ou des reproducteurs.

Les germes incriminés se trouvent dans les intestins des oiseaux. Certains reproducteurs étant porteurs mais non malades (porteurs sains), ces germes sont éliminés dans les fientes qui elles-mêmes contaminent l’eau de boisson et les fonds de cages. Les jeunes encore fragiles peuvent donc être contaminés au nid ou, par la ensuite dans le milieu environnant. Étant plus fragiles et en pleine croissance, ils seront à la merci de ces germes et feront une maladie souvent mortelle.

Quel sera le rôle de l’antibiotique administré aux parents?

Il faut savoir que les maladies transmissibles aux jeunes par les reproducteurs sont, notamment, la colibacillose et l’acariase respiratoire. La transmission de la lankesterellose et de la proventriculite par les parents reste incertaine. Les canaris peuvent être des vecteurs passifs de microbes ou virus, c’est-à-dire qu’ils véhiculeront les agents pathogènes sur leurs pattes, leurs plumes,… ou alors ils seront des vecteurs actifs c’est-à-dire qu’ils porteront les germes dans leur organisme. L’antibiotique donné aux parents servira à éradiquer les bactéries pathogènes qui se trouvent dans les intestins de l’oiseau. Malheureusement, l’antibiotique ne fait pas de différence entre les bactéries favorables et les bactéries dites «mauvaises». Pour comprendre le mécanisme infectieux qui nous intéresse, il faut comprendre ce qu’est la flore intestinale et pourquoi notre oiseau tombe malade.

Lorsqu’on parle de flore intestinale, c’est du mécanisme de digestion que nous parlons. Cette digestion est une étape primordiale dans l’organisme de notre canari. La nourriture ingérée servira à fournir l’énergie nécessaire pour faire fonctionner toutes ses fonctions vitales. Afin que la digestion se réalise d’une manière optimale, il faudra que la flore intestinale de notre oiseau possède plus de bactéries «positives» que «négatives».

Si les bactéries «négatives» dominent, l’oiseau deviendra malade.

L’antibiotique sera donc souvent employé dans ces cas avec des résultats satisfaisants.

Le problème est que, d’année en année, l’utilisation de ces produits favorise l’apparition de souches résistantes.

Tentative d’explication:

Lorsque je me suis intéressé au problème, je me suis rendu dans une bibliothèque afin d’essayer de comprendre ce qu’était une bactérie, une cellule,... et de déchiffrer tout ce langage peu coutumier, il faut le reconnaître, à nous, éleveurs amateurs.

Je suis donc sorti de la bibliothèque chargé d’ouvrages qui devaient faire de moi un expert. A peine le premier livre ouvert, je suis vite redescendu sur terre. Je ne comprenais strictement rien. Je suis donc retourné reporter ces ouvrages savants et une idée géniale m’est venue. Pourquoi n’irais-je pas dans la section «enfants» chercher des livres à images sur les microbes et les maladies diverses?

Je suis alors ressorti avec toute une panoplie de livres plus intéressants les uns que les autres.

Je vais donc tenter d’expliquer le problème de l’utilisation des antibiotiques de cette manière.

Explication hyper simplifiée, le but n’étant pas de faire de nous des experts, mais de simplement comprendre ce qui nous intéresse.

Imaginons qu’il y ai chez notre oiseau 50 bactéries « positives » (on devrait même parler en milliard) mais pour l’exemple nous en prenons 50. Tant que le nombre de bactéries négatives ne dépassera pas les 50, nous pourrons considérer qu’a ce niveau il n’y aura pas de problème.

Mais les bactéries se multiplient tout le temps.

Et plus ou moins toutes les vingt minutes, elles se reproduisent.

Imaginons donc 100 bactéries ( 50 positives et 50 négatives)

Si les bactéries négatives dominent, l’oiseau tombera malade. Si l’on administre à ce moment un antibiotique, celui ci attaquera certaines bactéries aussi bien négatives que positives. Chaque antibiotique s’attaquera à donc à certains types de bactéries, d’autres, «les antibiotiques à large spectre» auront un rayon d’action plus grand.

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Que se passe-t-il si l’on emploie toujours le même antibiotique?

Imaginons l’antibiotique A: celui-ci est opérant sur les bactéries n° 1. La bactérie n° 1 est présente en nombre élevé dans le corps de notre oiseau. Si l’on utilise l’antibiotique A contre la bactérie n° 1 celle-ci sera directement attaquée dès la rencontre avec l’antibiotique. Mais, même avec un traitement prolongé, il arrive que toutes les bactéries n° 1 ne soient pas détruites et que celles-ci, par mutation, résistent à l’antibiotique A.

Nous appellerons ces bactéries résistantes Ar.

Tant qu’elles seront en nombre restreint (les bactéries Ar), il n’y aura pas de danger. Mais pensons bien que ces petites bactéries résistantes se reproduiront très vite, si bien que si l’on n’utilise pas un autre antibiotique, quelques années plus tard, commenceront les ennuis d’élevage. Car elles seront très nombreuses et l’antibiotique n’agira plus sur elle.

Cette antibiorésistance est naturellement variable. Ce qui explique les réactions de certains amateurs, contents d’un produit pendant quelques années, qui se retrouvent face à une année catastrophique. L’exemple le plus frappant de cette antibiorésistance est la néomycine. Il y a quelques années, tout le monde employait la néomycine. C’est un antibiotique «doux» qui offre l’avantage de ne pas passer la barrière intestinale, donc son action est concentrée dans les intestins. C’était alors le produit miracle, car la réussite dans l’élevage avoisinait les 90%. Malheureusement un emploi massif de cet antibiotique par des éleveurs qui n’avaient pas de problème a favorisé l’apparition de souches résistantes et, finalement, le traitement à la néomycine s’est avéré de moins en moins positif.

L’idéal en cas de problème est de faire réaliser chez un vétérinaire un antibiogramme, car les antibiotiques sont des produits différents entre eux et, l’idéal est, en cas de problème, de pouvoir directement attaquer les bactéries avec le produit adéquat, ceci afin d’optimaliser les résultats et d’éviter les accoutumances.

Au passage, il est bon de signaler que contrairement à une croyance très répandue, les antibiotiques ne les rendent pas stériles. Seuls, certains sulfamides associés à des antifoliques les rendent momentanément stériles .

Après un traitement, il y a donc lieu de restaurer toute la flore intestinale. L’administration de probiotiques sera donc recommandée (probiotiques : bactéries favorables se trouvant naturellement dans l’estomac des oiseaux).

Cet article n’a pas pour but de dire si l’emploi d’antibiotiques est conseillé ou pas; cela fait partie d’un autre débat. Il est évident que l’idéal serait de se passer de tous ces produits et de laisser faire la nature. Mais dans ce cas serions-nous tous sur un pied d’égalité par rapport à quelques éleveurs employant ces produits ? Évidemment pas. Et c’est là qu’est précisément le problème